Etat des lieux de la promotion immobilière :
En 2020, le nombre de promoteurs immobiliers a atteint 3181, mais seulement 700 à 800 d'entre eux sont engagés dans une activité permanente. Cette disparité entre le nombre de promoteurs et le nombre de logements autorisés peut s'expliquer par l'absence de mesure révoquant le statut de promoteur immobilier en cas d'inactivité pendant une période donnée. Outre les problèmes structurels inhérents à un secteur en déclin, des perturbations conjoncturelles importantes, notamment liées à un contexte macroéconomique difficile, se sont ajoutées à ces défis. La vente de logement neuf ayant été largement impactée.
Un coût de la construction en forte augmentation :
Le coût de la construction a été affecté par plusieurs facteurs inflationnistes, notamment une hausse significative des prix des matériaux de construction tels que les 'produits rouges' (+84, 5%), le ciment (+82, 9%) et la céramique (+34, 3%) sur la période 2010-2020. De plus, le coût de la main d'œuvre, les prix des terrains et les taux d'intérêt ont également contribué à doubler les coûts d'acquisition depuis 2010. La guerre en Ukraine en 2022 n’a fait qu’approfondir ce constat inflationniste.
Impact de l’immobilier sur le PIB :
Bien que sa contribution au PIB soit limitée, le secteur de la promotion immobilière continue d'employer plus de 500 000 personnes directement et ce nombre est en augmentation depuis 2016. Si l'on tient compte des emplois indirects dans les 300 métiers liés au secteur de la promotion immobilière, le nombre d'emplois générés par le secteur augmente considérablement.
Ce secteur reste important pour le pays et un impact fiscal considérable collecté auprès des promoteurs immobiliers, sachant que l’achat et la vente de logement sont soumis à plusieurs taxes (TVA, Frais d’enregistrement ….)
Difficultés pour l’achat de logement pour les revenus modérés :
Seulement 10, 7% des ménages disposant d'un revenu annuel supérieur à 60 000 DT peuvent se permettre d’acheter un logement d'une valeur de 250 000 DT à crédit sur une période de 20 ans.
Avec le taux du marché monétaire et des remboursements de crédits élevés et renchérissant le coût global du logement, le Tunisien moyen se trouve en difficulté d’abord pour obtenir un crédit et à ensuite à le rembourser.
Des recommandations proposées par PWC :
À la lumière d’une étude effectuée par PWC et dans le contexte d'une nouvelle impulsion à la croissance économique, principalement en termes de croissance et de ratios d'investissement, tout en préservant l'équilibre financier public, les recommandations suivantes ont été proposées :
- Sur le plan fiscal à court terme, il est recommandé de réduire le taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les biens immobiliers destinés à l'habitation de 13% actuellement à 7%, tout en annulant l'augmentation prévue à 19% à partir de 2024.
- Sur le plan fiscal à moyen et long termes, il est également recommandé de réintroduire un droit d'enregistrement fixe (25 DT par page) pour toutes les ventes de biens effectuées par les promoteurs immobiliers.
- Sur le plan financier, il est proposé d'établir un Taux du Marché du Logement fixe (TML) :
Un taux d'intérêt égal au Taux du Marché Monétaire (TMM) + 0, 75% (ne dépassant pas 7%) pour les citoyens souhaitant acheter un logement, avec la mise en place d'un mécanisme de bonification qui utilise des ressources provenant du Fonds de Promotion des Logements Sociaux (FOPROLOS).
